Témoignages

Katherine

            

Bonjour,

Je me permets de vous raconter ma fin d'année 1999 et mon début d'année 2000. J'espère que ce texte donnera de l'espoir à quelqu'un dans le besoin.

Mardi 14 décembre 1999 :

Je me rends à la clinique avec Katheryne (ma plus jeune) pour une petite bosse sous la paupière. Le médecin m'explique qu'il ne sait pas ce que c'est et qu'il me réfère à un ophtalmologiste de St-Georges le plus rapidement possible.

Samedi 21 décembre 1999 :

L'ophtalmologiste après examen, m'explique qu'il n'a pas vu ça souvent, mais une chose est sûre, c'est qu'il faut enlever la bosse le plus tôt possible. Il me prend un rendez-vous à l'hôpital de St-Georges le lendemain pour un « taco » et me réfère à une collègue de l'hôpital l'Enfant-Jésus à Québec deux jours plus tard.

Lundi 23 décembre 1999 :

À 9 heures, nous sommes en compagnie d'une spécialiste qui examine Katheryne pendant 45 minutes. Diagnostic : Tumeur sous la paupière gauche, opération d'urgence. Elle ne sait pas si c'est malin ou bénin, mais elle fera de son mieux pour tout enlever au cas ou… la chirurgie dure 1 heure 30 minutes et de mon côté, je ne réalise pas trop ce qui se passe.

Je me dis qu'elle va s'en tirer avec un œil enflé pour deux ou trois jours et c'est tout. Le médecin vient m'expliquer qu'elle fera analyser les tissus le plus tôt possible et que demain, le 24 décembre, Katheryne devra passer plusieurs tests pour en savoir plus sur cette tumeur. Elle me dit aussi que, si c'est malin, Katheryne devra recevoir des traitements de chimiothérapie; sinon, elle s'en retourne avec un œil qui guérira dans quelques jours.

Le lendemain, toute la journée; « taco », prises de sang, examens des poumons et du cœur, etc.  Le soir vers 5 heures, elle a eu son congé pour une semaine, de Noël au Jour de l'An. J'étais très fier d'elle qui est restée à la hauteur et forte. En passant, je trouve que malgré les coupures dans les hôpitaux, nous avons eu droit à un excellent service. Katheryne et sa grande sœur Isabelle sont parties quelques jours avec leur mère. De retour chez nous, le 24 décembre au soir, je m'installe devant un feu de foyer avec Solange (ma conjointe) et là, je commence à réaliser… mais comme je suis de nature positive, je laisse la vie suivre son cours normal et nous passons un beau Noël. Les filles reviennent le 30 décembre 1999 et nous passons un beau Jour de l'An 2000 malgré ce qui s'en vient.

Mardi 4 janvier 2000 :

Il faut se rendre au CHUL à Québec pour 8 heures, dans la tempête, pour passer encore des tests; ponction lombaire et de la moelle osseuse et installation sous la peau d'un porte-à-cath (pac) pour recevoir les traitements de chimio 1 fois par semaine. Katheryne est toujours restée à la hauteur. Le soir, le médecin qui va la suivre toute l'année nous a parlé de son cancer, des traitements et des effets secondaires (maux de cœur, constipation, mal des os et perte de ses cheveux) que Katheryne pourrait subir. Oui, c'est un cancer juvénile de l'orbite de l'œil un « Rhabdomyosarcome ». Le lendemain, encore des examens, le dentiste, travailleur social, etc.

Jeudi 6 janvier 2000 :

Katheryne a eu son premier traitement de chimio et elle a eu droit à un chien du CHUL pour la zoothérapie. Le soir, elle a des nausées.

Pour nous faciliter la tâche, j'ai fait transférer son dossier à l'hôpital de St-Georges.

Mercredi 12 janvier 2000 :

Deuxième traitement de chimio à St-Georges. Tout s'est bien déroulé.

Jeudi 13 janvier 2000 :

À 7 heures, nous sommes à l'hôpital l'Enfant-Jésus pour une biopsie dans son œil pour vérifier s'il reste des cellules cancéreuses et nous sommes de retour le soir.

Vendredi 14 janvier 2000 :

Katheryne voulait aller à l'école et elle voulait que j'aille avec elle pour expliquer sa maladie aux élèves de la classe. Tous les élèves sympathisent avec Katheryne et ils étaient très intéressés et curieux face à son cancer. Les médecins nous disent qu'elle sera très fragile aux virus, à cause des traitements forts qui détruisent les bonnes comme les mauvaises cellules de son système immunitaire.

Lundi 17 janvier 2000 :

En après-midi, Katheryne est rentrée d'urgence à l'hôpital pour soigner un premier virus qui est le « zona » (proche parent de la « varicelle »), elle est restée deux jours aux antibiotiques par intraveineuse, isolée dans une chambre. Katheryne garde son moral d'acier, têtue et décidée à guérir. Elle a eu trois anesthésies générales en quatre semaines et elle parle de sa maladie comme on parle de la température, elle est très consciente de tout ce qui se passe.

Vendredi 21 janvier 2000 :

Elle veut retourner à l'école et si vous la voyiez, elle n'a pas l'air souffrante. Elle aime encore jouer des tours et se chicaner avec sa grande sœur, rire et poser des questions. Devant toute cette force d'un enfant de dix ans, je n'ai pas le droit de m'apitoyer sur mon sort, je dois rester debout à côté d'elle et traverser cette crise d'une façon positive pour le bien de notre moral à toute la famille et les amis. Katheryne va s'en sortir et devenir plus forte, j'en suis sûr. Notre façon de voir les choses change un peu quand on a fait tout ce chemin en si peu de temps.

Je me suis demandé : « Pourquoi? Pourquoi? »

Katheryne m'a demandé : « Pourquoi moi, Papa? »

Ce genre d'histoire là, je ne suis pas tout seul à le vivre avec Katheryne, je suis sûr qu'il y a des familles qui vivent des situations semblables ou pires et qui n'ont pas la chance de s'exprimer comme j'ai pu le faire aujourd'hui. Je profite de la chance que j'ai, pour passer le message à tout le monde : « Brisez l'isolement et parlez-en aux bonnes personnes ! Ayez confiance en vous-même ! »

Quelqu'un m'a dit un jour : « On a dans notre vie que les événements qu'on est capable de surmonter ! »  J'analyse encore cet énoncé…

Depuis ce temps, Katheryne a terminé ses traitements de chimiothérapie, de radiothérapie et les médicaments à prendre tous les jours. Katheryne est en rémission pour les trois prochaines années et elle a des examens tous les trois mois au CHUL.

Nous sommes à l'été 2001, Katheryne a réussi son année scolaire, ses cheveux ont repoussé et la vie semble reprendre son cours « normal… » Elle est pétante d'énergie !

Je tiens à dire un énorme MERCI aux bénévoles de l'organisme « Ouvre ton cœur à l'espoir » pour le support moral et financier qu'ils nous ont apporté tout au long de cette épreuve.

Merci aussi aux médecins et infirmiers des hôpitaux de Québec et de St-Georges, à la direction, aux professeurs et élèves de l'école Aquarelle pour les lettres d'encouragements et les cadeaux qu'ils ont remis à Katheryne pour l'encourager à lutter contre ce cancer.

Merci à ma famille et mes amis qui sont toujours présents dans les moments difficiles.